L'ONU obtient des résultats pour des millions de personnes malgré les pressions mondiales croissantes, déclare le Secrétaire général aux États membres
Une aide alimentaire pour 121 millions de personnes. Des millions d’enfants de retour à l’école. Un accès élargi aux soins de santé, à la protection sociale, à l’énergie propre et à la justice.
Tels sont quelques-uns des résultats obtenus par les pays avec l’appui du système des Nations Unies pour le développement en 2025, selon de nouveaux rapports présentés cette semaine aux États Membres lors du Conseil économique et social.
Ces rapports sont publiés à un moment particulièrement difficile pour le développement à l’échelle mondiale. Les pays sont confrontés à un endettement croissant, aux chocs climatiques, aux conflits, à l’aggravation des inégalités et à la plus forte baisse du financement du développement observée ces dernières années. Pourtant, les gouvernements expriment également leur plus haut niveau de satisfaction à l'appui du système de développement des Nations Unies depuis le lancement des réformes du système, il y a près de dix ans.
Présentant son rapport sur la mise en œuvre de l’Examen quadriennal complet, le Secrétaire général, António Guterres, a déclaré que les réformes engagées en 2017 avaient profondément transformé la manière dont l’ONU travaille avec les pays.
« Le système des Nations Unies pour le développement est aujourd’hui plus cohérent, plus responsable et davantage aligné sur les priorités nationales qu’il ne l’a jamais été ».
Le Secrétaire général a rappelé qu’autrefois le système était « trop fragmenté lorsque la cohérence était nécessaire » et « trop marqué par la concurrence interne lorsque la collaboration était essentielle ». Aujourd’hui, a-t-il expliqué, le système des coordonnateurs résidents renforcé et les cadres de coopération dirigés par les pays permettent à l’ONU d’agir de manière plus efficace au service des priorités nationales.
Les résultats se traduisent de plus en plus concrètement dans la vie des populations.
Rien qu'en 2025 :
- 121 millions de personnes ont bénéficié d’une aide alimentaire ;
- 27 millions d’enfants non scolarisés ont repris le chemin de l’école ;
- 567 millions de personnes supplémentaires ont bénéficié de services de santé essentiels sans difficultés financières depuis 2018 ;
- 284 millions de personnes ont obtenu un meilleur accès à l’électricité ;
- 4,3 millions de personnes ont eu accès à des services de justice ;
- Des millions d’autres ont bénéficié d’une extension de la protection sociale, des services numériques et des initiatives de résilience climatique.
Les gouvernements prennent acte de ces résultats. Selon le rapport du Secrétaire général, 94 % des gouvernements considèrent que l’appui du système des Nations Unies pour le développement est efficace, tandis que 90 % reconnaissent que les coordonnateur.trice.s résident.e.s, qui dirigent les équipes de pays des Nations Unies dans plus de 160 pays et territoires, constituent un point de contact vers le système des Nations Unies.
Pourquoi la coordination est-elle importante ?
Le deuxième rapport présenté aux États Membres, le rapport annuel de la Présidente du Groupe des Nations Unies pour le développement durable (GNUDD), met l’accent sur la manière dont les pays utilisent le système des coordonnateur·trice·s résident·e·s pour bénéficier d’un appui plus coordonné et plus efficace de l’ensemble du système des Nations Unies.
La Vice-Secrétaire générale, Amina Mohammed, qui préside le GNUDD, a affirmé que les résultats de 2025 étaient sans équivoque.
« Une coordination du développement dédiée, indépendante et impartiale produit des résultats ».
Elle a souligné que les gouvernements expriment les niveaux de satisfaction les plus élevés depuis la réforme du système des coordonnateur.trice.s résident.e.s, 93 % d’entre eux estimant que ces derniers assurent un leadership renforcé, soit une augmentation de près de 30 points de pourcentage depuis 2019.
« À un moment où les pays font face à une multiplication des crises et où les financements du développement baissent, la coordination n’a jamais été aussi importante », a-t-elle déclaré aux États Membres.
Dans le monde entier, les coordonnateur·trice·s résident·e·s ont contribué à réunir les organismes des Nations Unies, les institutions financières internationales, la société civile et d’autres partenaires autour de priorités nationales communes.
Cette coordination aide de plus en plus les pays à relever des défis interdépendants qu’aucune institution ne peut résoudre seule : changement climatique, insécurité alimentaire, pression de la dette, transformation numérique et résilience face aux chocs.
En 2025, le système des Nations Unies pour le développement a soutenu 107 pays dans la préparation de nouveaux engagements climatiques, renforcé la résilience et les plans de redressement, accru l’appui aux pays les moins avancés (PMA), aux petits États insulaires en développement (PEID) et aux pays en développement sans littoral (PDSL), tout en renforçant l’intégration de l’égalité des sexes, de l’inclusion des personnes handicapées et de la participation des jeunes dans les cadres de coopération des Nations Unies.
Le Fonds commun pour les ODD, principal mécanisme de financement de la programmation conjointe des Nations Unies, a contribué à mobiliser plus de 8 milliards de dollars pour soutenir les financements définies par les pays dans des domaines tels que la protection sociale, les systèmes de santé, la sécurité alimentaire et l’agriculture intelligente face au climat.
La réforme porte ses fruits, mais son financement est menacé
Les deux rapports adressent néanmoins un avertissement.
Alors que les pays accordent une valeur croissante à l’appui coordonné de l’ONU, les ressources nécessaires à son maintien sont soumises à des pressions de plus en plus fortes.
Le Secrétaire général a averti que le financement du développement diminue à un rythme sans précédent, tandis que le système des coordonnateurs résidents a enregistré un déficit de financement de 46 millions de dollars en 2025. Dans le même temps, de nombreux pays font face à un ralentissement de la croissance, à une augmentation des vulnérabilités et à une réduction de leur marge de manœuvre budgétaire.
« Le système est mieux équipé, mais il souffre d’un sous-financement croissant », a-t-il déclaré.
Le message central des deux rapports est que la réforme a produit des résultats mesurables, mais les progrès futurs dépendent d’un soutien politique durable et d’un financement plus prévisible.
Alors que le monde entre dans la dernière ligne droite pour atteindre les objectifs de développement durable d'ici 2030, les pays recherchent de plus en plus un soutien plus rapide, plus intégré et mieux adapté à leurs priorités nationales.
Les rapports montrent que là où la coordination est la plus forte, l’ONU est davantage en mesure d’apporter précisément ce type d’appui.
Consultez le rapport du Secrétaire général de 2026 sur la mise en œuvre de l'Examen quadriennal complet.
Consultez le rapport du Président du Comité des Nations Unies sur les objectifs de développement durable (UNSDG) de 2026 concernant la coordination du développement et le système des coordonnateurs résidents : Rapport | Version interactive en ligne