Les attaques contre les écoles ont bondi de 33 % en 2025
09 septembre 2026
Légende: Plus l’éducation est interrompue longtemps, plus le risque est grand que les enfants ne retournent jamais à l’école et que les filles, en particulier, soient victimes d’exploitation et d’abus.
Les attaques contre les écoles ont augmenté d’un tiers dans le monde en 2025, a alerté mercredi l’UNESCO. L’agence s’inquiète d’une « hausse continue » de ces violences dans les zones de conflit, notamment en Afghanistan, à Gaza, en Haïti, au Soudan et en Ukraine.
À l’occasion de cette Journée internationale, l’UNESCO dénonce une « escalade alarmante » : 1.680 attaques contre des écoles ont été vérifiées par l’ONU en 2025, contre 1.265 un an plus tôt.
« Je suis profondément alarmé par la forte hausse des attaques contre les écoles, qui privent les enfants de sécurité, d’éducation et d’espoir. Les écoles et les universités doivent être protégées à tout moment », a déclaré Khaled El-Enany, Directeur général de l’UNESCO.
Si ces violences touchent toutes les régions du monde, elles sont « bien plus préoccupantes » dans les zones de conflit armé et de crise, souligne l’agence, qui appelle à mieux protéger l’éducation.
258 millions d’enfants voient leur scolarité perturbée
Cette tendance reflète une détérioration plus générale de la protection des enfants dans les conflits armés. En 2025, l’ONU a recensé 38.558 violations graves commises à l’encontre d’enfants, touchant 24.174 enfants - un chiffre record depuis le début du mandat de surveillance.
Plus généralement, l’UNESCO estime que 258 millions d’enfants et d’adolescents ont vu leur scolarité perturbée par des crises à travers le monde, dont 93 millions qui ne sont pas scolarisés du tout.
Près de 80 % de tous les enfants non scolarisés touchés par une crise - soit quelque 74 millions - vivent dans seulement 20 pays confrontés aux crises les plus graves au monde. « Nous appelons toutes les parties au conflit à veiller à ce que l’éducation puisse se poursuivre dans la sécurité et la dignité, même en pleine crise », a ajouté M. El-Enany.
Dans ces contextes, les obstacles à l’apprentissage sont les plus importants pour les plus vulnérables : 74 % des enfants réfugiés, 52 % des enfants déplacés internes et 45 % des enfants en situation de handicap ne sont pas scolarisés.
Les conséquences peuvent perdurer bien après la fin des crises. Plus l’éducation est interrompue longtemps, plus le risque est grand que les enfants ne retournent jamais à l’école et que les filles, en particulier, soient victimes d’exploitation et d’abus.
Légende: Près de 80 % de tous les enfants non scolarisés touchés par une crise - soit quelque 74 millions - vivent dans seulement 20 pays confrontés aux crises les plus graves au monde.
L’UNESCO déploie des solutions éducatives dans 20 pays
Face à la multiplication des menaces, l’UNESCO dit renforcer son action dans vingt pays touchés par des conflits ou des crises. En Ukraine, l’agence soutient les enseignants et équipe les écoles d’abris de protection.
Au Liban, elle accompagne les enfants déplacés sur le plan psychologique. À Gaza, elle permet aux élèves de poursuivre leur scolarité grâce à des espaces d’apprentissage temporaires et au Campus virtuel de Gaza.
L’organisation intervient également en Haïti, où elle consolide les écoles communautaires, et au Nigeria, avec la mise en place de mécanismes d’alerte précoce.
Ces initiatives visent à renforcer la résilience des systèmes éducatifs. Toutefois, souligne l’UNESCO, elles ne sauraient se substituer au respect du droit international humanitaire. L’agence appelle les parties aux conflits à appliquer pleinement la résolution 2601 du Conseil de sécurité de l’ONU, afin que les enfants puissent continuer à apprendre en sécurité et dans la dignité.
Cet article a été initialement publié par ONU Info.
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