Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe et chef du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), Kamal Kishore, a effectué une visite officielle en Haïti les 22 et 23 septembre 2026. Cette mission de haut niveau visait à renforcer le dialogue avec les autorités nationales, les partenaires internationaux et le système des Nations Unies autour des priorités du pays en matière de prévention des catastrophes, de préparation et de réduction des risques.
Au cours de son séjour, le Représentant spécial a rencontré le ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, accompagné du directeur général de la Protection civile, Emmanuel Pierre. Il s'est également entretenu avec les partenaires de la coopération internationale et l'équipe de pays des Nations Unies en Haïti. Ces rencontres ont permis de faire le point sur les progrès accomplis, d'examiner les difficultés persistantes et de réaffirmer la nécessité d'une action coordonnée pour mieux protéger les populations et les territoires exposés aux risques.
La mission a également permis de mettre en lumière les enseignements tirés des activités menées au Cap-Haïtien dans le cadre de l'initiative « Pour des villes résilientes à l'horizon 2030 » (MCR2030), avec l’appui de l'UNDRR, de l'UNESCO et de la Direction générale de la Protection civile. Ce processus ont permis d'identifier les besoins en matière de financement, de protection des infrastructures essentielles, de préparation aux catastrophes et de participation des communautés, tout en renforçant le dialogue entre les autorités municipales et les institutions nationales.
Dans un contexte toujours marqué par des crises humanitaires et sécuritaires, la visite de Kamal Kishore témoigne de la reconnaissance des efforts continus déployés par Haïti pour renforcer la prévention des catastrophes et la préparation aux risques, notamment à travers la mise en œuvre de la feuille de route nationale de l'initiative « Alertes précoces pour tous » (EW4All). Lors du passage de l'ouragan Melissa, les systèmes d'alerte précoce et les mécanismes d'action anticipatoire ont fait leurs preuves, alors même que les investissements consacrés à l'action anticipatoire représentaient moins de 2 % de l'aide humanitaire totale. Malgré les difficultés auxquelles sont confrontées les institutions et les communautés, ces progrès témoignent de la détermination du pays à continuer de renforcer ses capacités de résilience.
« Haïti a démontré que la prévention porte ses fruits. Il faut désormais s'appuyer sur ces progrès et intégrer la réduction des risques de catastrophe dans l'ensemble de nos actions dans le pays, qu'il s'agisse de l'aide humanitaire, du développement ou de la consolidation de la paix. Anticiper les conséquences des catastrophes avant qu'elles ne surviennent est le meilleur moyen de protéger les communautés, leurs écoles, leurs hôpitaux et leurs moyens de subsistance », a déclaré le Représentant spécial.
Cette visite confirme également l'engagement de l'UNDRR à accompagner Haïti dans la mise en œuvre du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030. À cet égard, le ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales a été encouragé à poursuivre les démarches déjà engagées, notamment celles visant à obtenir des financements du Fonds vert pour le climat, en coordination avec le Ministère de l'environnement.
Le plan national de mise en œuvre pour la période 2024-2027 couvre les quatre piliers des systèmes d'alerte précoce, sous la coordination de la Direction générale de la Protection civile. Parmi les avancées réalisées figurent les premiers tests d'alertes sur téléphone mobile. L'UNDRR poursuit également sa collaboration avec la Direction générale de la protection civile, le Centre national de l'information géospatiale et l'Unité hydrométéorologique afin d'améliorer la qualité des données relatives aux risques, ainsi que leur partage et leur utilisation.
Les échanges ont permis de faire le point sur les besoins, les priorités et les vulnérabilités auxquels Haïti reste confronté, notamment face aux risques climatiques et aux aléas naturels. Parmi les préoccupations immédiates figure le déficit pluviométrique lié au phénomène El Niño qui, selon le ministère de l'Agriculture, pourrait entraîner une baisse des rendements agricoles et aggraver l'insécurité alimentaire. Les discussions ont également permis de réaffirmer l'engagement des Nations Unies, et plus particulièrement de l'UNDRR, à soutenir le renforcement des capacités institutionnelles, l'amélioration de la gouvernance et du partage des données sur les risques, ainsi que le déploiement prévu de l'outil DELTA Resilience. Celui-ci permettrait de centraliser les données relatives aux pertes causées par les catastrophes et de mieux orienter les évaluations des risques, les prévisions fondées sur les impacts et les décisions d'investissement.
À l'issue de sa visite, le Représentant spécial a réaffirmé la détermination des Nations Unies à poursuivre leur soutien aux autorités haïtiennes et à leurs partenaires. Cet engagement vise à accompagner durablement les efforts nationaux en matière de prévention des catastrophes, de préparation et de réduction des risques, tout en contribuant au renforcement de la résilience des institutions, des territoires et des communautés.
Cette histoire a été initialement publiée par UNDRR. Veuillez consulter le site web de l'équipe des Nations Unies en Haïti pour plus d'informations sur le travail des Nations Unies dans le pays.