L'Algérie et les Nations Unies : un partenariat mutuellement bénéfique
Savina Ammassari, Coordonnatrice résidente des Nations Unies en Algérie, revient sur la manière dont les Nations Unies accompagnent le pays dans sa quête de croissance économique, d'inclusion et de développement grâce à des partenariats nationaux, régionaux et internationaux.
En octobre dernier, j'ai participé à Alger à un atelier organisé par la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA) consacré au rôle des petites et moyennes entreprises dans la transformation agricole du continent. En écoutant des témoignages inspirants d'entrepreneurs, en découvrant de nouvelles technologies et en prononçant ensuite un discours, j'ai ressenti une fois de plus ce que j'observe de plus en plus en Algérie : un engagement fort en faveur de la coopération internationale et du développement durable.
Certains diront que cette volonté de partenariat est évidente. Après tout, l'Algérie est le plus vaste pays d'Afrique et le dixième au monde. Située au carrefour de l'Afrique, de l'Europe et du Moyen-Orient, elle bénéficie d'une riche diversité culturelle ainsi que d'importantes ressources naturelles.
Pourtant, du port dynamique d'Oran aux pôles industriels d'Annaba, je vois un pays qui fait le choix délibéré de coopérer, d'innover et de renforcer ses partenariats. L'Algérie est convaincue que la coopération et la solidarité constituent des moteurs essentiels du développement durable, tant au niveau national qu'international.
Alors que les Nations Unies célèbrent leur quatre-vingtième anniversaire, nous sommes prêts à approfondir davantage notre partenariat avec l'Algérie grâce à une coordination renforcée, à des résultats concrets et à un meilleur alignement sur les priorités nationales.
Cette collaboration repose sur le principe de l'appropriation nationale, les institutions algériennes étant à la tête des politiques de développement et de réforme du pays.
Il s'agit également d'un partenariat mutuellement bénéfique. La coopération internationale contribue au renforcement des capacités nationales, tandis que l'expérience et les réalisations de l'Algérie offrent de précieux enseignements ainsi que des possibilités d'échange avec d'autres pays.
La confiance et l'égalité : les fondements du partenariat
Le partenariat entre les Nations Unies et l'Algérie repose sur la confiance, le dialogue et le travail d'équipe. La coordination entre les différents secteurs revêt une importance particulière, car des défis tels que la diversification économique, les changements climatiques et le développement social sont étroitement liés.
Toutefois, la coordination n'a de sens que si elle améliore concrètement la vie des populations, en particulier des groupes les plus vulnérables. L'égalité entre les femmes et les hommes demeure l'un des indicateurs les plus significatifs d'un développement efficace et inclusif, car aucun développement durable n'est possible si la moitié de la société reste en marge.
Les Nations Unies accompagnent l'Algérie dans le renforcement de son cadre législatif, de ses politiques publiques inclusives et de ses programmes fondés sur des données probantes. L'an dernier, l'équipe de pays des Nations Unies a collaboré avec les institutions nationales afin de produire les données nécessaires à un outil de mesure de l'égalité des sexes destiné à analyser les effets des réformes économiques sur les femmes et les filles.
Cette approche fondée sur des données probantes produit déjà des résultats concrets. En 2025, plusieurs initiatives dans les domaines de l'agriculture et de la diversification économique, soutenues par les Nations Unies, ont permis de former de nombreux jeunes, dont 80 % étaient des femmes, tandis que 260 artisanes ont bénéficié d'un appui pour promouvoir et commercialiser leurs produits.
L'un des moments dont je suis le plus fière depuis ma prise de fonctions en tant que coordonnatrice résidente a été d'observer les progrès accomplis dans le soutien apporté aux femmes magistrates. En 2025, plus de 195 femmes magistrates, parmi lesquelles des magistrats stagiaires et des présidentes de juridiction, ont participé avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et ses partenaires à un projet proposant des activités de mentorat, d'accompagnement et de formation au leadership. Au-delà des réussites individuelles, cette initiative vise à renforcer le leadership féminin, à favoriser des parcours professionnels durables et à améliorer la qualité globale des services judiciaires. Une société qui donne aux femmes les moyens d'agir bénéficie à l'ensemble de la population.
Ces initiatives ont également bénéficié d'une visibilité internationale lors de la Commission de la condition de la femme, au Siège des Nations Unies à New York, où l'Algérie a partagé son expérience avec d'autres pays.
Cette démarche illustre parfaitement l'approche des Nations Unies : il ne s'agit pas d'imposer des solutions aux communautés, mais de travailler à leurs côtés afin qu'elles élaborent elles-mêmes des solutions durables et transforment leurs expériences locales et nationales en sources d'apprentissage à l'échelle mondiale.
Stimuler l’économie grâce à l’inclusion
Lors de l’atelier organisé en octobre dernier, les participants ont souvent mis en avant l’un des plus grands atouts de l’Afrique : sa jeunesse. Les jeunes hériteront des économies et des opportunités du continent. Bien que le chômage des jeunes en Algérie ait reculé depuis 2019, il demeure élevé, suscitant légitimement des inquiétudes quant à leur avenir.
L’an dernier, les Nations Unies ont accompagné l’Algérie dans la création d’un Comité intersectoriel de la jeunesse, réunissant 24 ministères et organes consultatifs. Ce Comité vise à renforcer le dialogue entre les jeunes et les institutions publiques, en complément de la mise en œuvre du Plan national pour la jeunesse 2025-2029.
Toutefois, faire entendre la voix des jeunes ne constitue qu’une partie de la solution. Il est tout aussi essentiel de leur permettre de réaliser pleinement leur potentiel.
Les Nations Unies appuient les jeunes dans l’acquisition des compétences nécessaires à l’économie de demain, tout en créant les conditions propices à leur épanouissement. En 2025, plus de 7 300 jeunes ont accédé à un emploi grâce au soutien des Nations Unies, tandis que plus de 250 ont bénéficié d’une formation aux compétences de vie afin de renforcer leur employabilité.
Ces efforts ont également trouver écho sur la scène internationale avec l’adhésion de l’Algérie au réseau international WorldSkills. Cette avancée ouvre de nouvelles perspectives en matière de formation professionnelle ainsi que de partenariats avec des secteurs industriels en pleine expansion, des établissements de formation et d’autres gouvernements.
L’ambition du pays s’est également illustrée lors de la Conférence nationale des start-up, organisée à la fin de l’année dernière, qui a mis en lumière le dynamisme croissant de l’Algérie en matière d’innovation ainsi que son engagement en faveur de l’entrepreneuriat et du développement des entreprises portées par les jeunes.
Dans le prolongement de ces initiatives et programmes, l’Algérie poursuit un ambitieux programme de transformation numérique visant à moderniser l’administration publique, à développer les services numériques et à promouvoir une économie plus innovante. Cette dynamique constitue un levier de plus en plus important pour la diversification économique et l’ouverture de nouvelles perspectives, en particulier pour les jeunes et les entrepreneurs.
En investissant dans sa jeunesse, l’Algérie veille à ce que les opportunités progressent au même rythme que les talents et contribue à construire un avenir fondé non seulement sur la participation, mais aussi sur les possibilités offertes à chacun.
Une vision élargie
Comme l’illustre l’adhésion au réseau WorldSkills, l’ambition de l’Algérie de développer son économie et de créer des emplois dépasse désormais largement ses frontières.
La Foire commerciale intra-africaine, organisée à Alger en septembre dernier, a mis en évidence la volonté du pays de renforcer le commerce continental, de soutenir l’entrepreneuriat et d’ouvrir de nouvelles perspectives aux start-up, aux petites entreprises ainsi qu’aux jeunes innovateurs et aux femmes entrepreneures. En favorisant le développement des processus de production régionaux, cette foire a également constitué une plateforme de croissance, tant pour l’Algérie que pour l’ensemble du continent.
Quelques mois seulement après cet événement, l’Algérie a accueilli une conférence importante consacrée à la production pharmaceutique africaine et aux technologies de la santé, réunissant ministres, experts, représentants de l’industrie et organismes des Nations Unies. Plus de 25 pays y ont adopté la Déclaration d’Alger, réaffirmant que la production pharmaceutique locale constitue un pilier de la souveraineté sanitaire du continent africain.
La conférence a également permis de conclure un accord d’exportation de produits pharmaceutiques algériens vers plusieurs pays africains, d’une valeur d’environ 10 millions de dollars, démontrant ainsi que la coopération régionale peut contribuer efficacement à relever les défis sanitaires communs auxquels le continent est confronté.
Ces exemples illustrent concrètement la force du partenariat, en reliant les efforts de développement nationaux à une coopération plus large. À mesure que le partenariat entre l’Algérie et les Nations Unies se renforce, je demeure résolument engagée à mettre à profit le vaste réseau des Nations Unies ainsi que le rôle fédérateur du Coordonnateur résident afin de favoriser de nouvelles opportunités et de nouveaux partenariats.
Des partenariats durables pour un avenir durable
Les initiatives de transformation agricole, le Comité intersectoriel de la jeunesse, les accords dans le secteur pharmaceutique et la Foire commerciale intra-africaine organisée à Alger ne représentent que quelques exemples de la liste, toujours plus longue, des initiatives et partenariats de l’Algérie.
Qu’il s’agisse de renforcer la participation des femmes et des jeunes aux processus décisionnels ou de soutenir le rôle actif de l’Algérie sur les plateformes internationales, je continue d’observer les bénéfices concrets de l’engagement du pays en faveur du partenariat et de la solidarité.
Je me réjouis de continuer à accompagner l’Algérie à mesure que ces partenariats se développent et contribuent à bâtir un avenir plus durable, plus inclusif et plus solidaire dans les années à venir.
Cet article a été rédigé par Savina Ammassari, Coordonnatrice résidente des Nations Unies en Algérie. Veuillez consulter le site web de l'équipe des Nations Unies en Algérie pour plus d'informations sur le travail des Nations Unies dans le pays.