Différentes réalités, une même ambition : les jeunes qui construisent déjà l'Algérie de demain
À cinq ans de l'Agenda 2030, des jeunes accompagnés par les Nations Unies montrent qu'ils sont déjà les artisans d'une Algérie plus inclusive et durable.
À travers l'innovation, l'entrepreneuriat, l'engagement citoyen, l'éducation et la solidarité, une nouvelle génération de jeunes transforme déjà son environnement. Accompagnés par les Nations Unies et leurs partenaires, ils démontrent que les Objectifs de développement durable se construisent avant tout grâce aux personnes qui osent agir.
« Les jeunes ne sont pas seulement les bénéficiaires du développement : ils en sont des acteurs essentiels et une force de transformation », souligne Savina Ammassari, Coordonnatrice résidente des Nations Unies en Algérie.
« Leurs parcours et leurs réalités sont multiples, mais ils partagent l’aspiration à un avenir qui leur offre davantage d’opportunités, de participation et de perspectives. Notre responsabilité collective est de leur donner les moyens d’agir, mais aussi l’espace nécessaire pour être entendus et contribuer pleinement aux décisions qui façonnent leur avenir. Les Nations Unies sont à leurs côtés pour faire de leurs idées, de leur créativité et de leur engagement des solutions concrètes pour une société plus inclusive, plus prospère et plus durable », souligne-elle.
Dans une oasis du sud de l'Algérie, une jeune entrepreneure transforme les ressources de son territoire en opportunités économiques pour les femmes de sa communauté. À Alger, deux jeunes mobilisent des centaines d'enfants et d'adolescents pour imaginer l'école et la société de demain. À Tindouf, une jeune réfugiée poursuit ses études avec la conviction que l'éducation reste le plus sûr chemin vers l'avenir. Ailleurs encore, un jeune professionnel met son expertise au service de la transparence, de l'intégrité et de l'engagement citoyen.
Leurs parcours sont différents. Leurs défis aussi.
Pourtant, ils partagent une même aspiration : contribuer à bâtir une société plus inclusive, plus résiliente et plus durable.
À l'occasion de la Journée internationale de la jeunesse 2026, célébrée sous le thème « Différentes réalités, aspirations communes », le Système des Nations Unies en Algérie met en lumière ces jeunes qui incarnent, chacun à leur manière, les transformations en cours dans le pays.
Car derrière chaque initiative se trouve une conviction forte : les jeunes ne sont pas uniquement les bénéficiaires du développement durable. Ils en sont les acteurs.
Quand les idées deviennent des solutions
Pour Safa Chenafi, le développement durable commence au cœur des oasis de Timimoun.
À 28 ans, cette jeune diplômée s’engage comme vice-présidente et cheffe de projet bénévole au sein de l’Association d’appui au développement pour la promotion de la femme et de la famille à Timimoun, où elle transforme les savoir-faire locaux en opportunités pour les femmes rurales.
Avec « Épices de notre oasis », elle valorise le patrimoine agricole local à travers l’économie sociale et solidaire, tout en promouvant des pratiques durables et la résilience des communautés oasiennes face aux changements climatiques.
Accompagnée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), dans le cadre du projet « L’économie sociale et solidaire au service d’une inclusion économique durable des jeunes entrepreneures et entrepreneurs en Algérie », piloté par le Ministère du Travail et financé par l’Union européenne, l’initiative a permis de former des femmes rurales et de créer le premier atelier de transformation et de conditionnement d’épices à Timimoun.
« À Timimoun, nous ne faisons pas que cultiver et transformer des épices : nous cultivons la confiance, la dignité et l’espoir. »
À travers son engagement, Safa montre que l’innovation et l’économie solidaire peuvent faire des ressources locales un levier d’autonomisation, tout en préservant un patrimoine vivant.
Imaginer, écouter, agir : lorsque les jeunes façonnent les décisions de demain
Pour Aïcha Robei et Ayoub Kaouane, construire l'avenir ne consiste pas à attendre que les décisions soient prises. C'est apprendre à imaginer différents futurs possibles, à écouter les aspirations des autres jeunes et à transformer leurs idées en recommandations concrètes.
Tous deux ont participé au Youth Foresight Fellowship, une initiative portée par UNICEF Innocenti, mise en œuvre en Algérie par l'UNICEF en partenariat avec le Conseil supérieur de la jeunesse. Le programme repose sur une conviction simple : les jeunes ne doivent pas seulement être consultés sur leur avenir, ils doivent disposer des outils nécessaires pour l'analyser, l'imaginer et contribuer à le construire.
Membre de la première cohorte en 2023, Aïcha Robei a animé six ateliers de prospective réunissant 185 adolescents et jeunes. Ensemble, ils ont exploré les transformations liées aux technologies, à la participation citoyenne et aux compétences de demain. Leurs échanges ont débouché sur des recommandations concrètes : renforcer la culture numérique, favoriser une participation plus active des jeunes aux décisions publiques et promouvoir une utilisation éthique des technologies émergentes.
Au-delà de cette première expérience, Aïcha a choisi de transmettre à son tour les méthodes acquises. Elle a accompagné de nouveaux groupes de jeunes, notamment à M'Sila, ainsi que des enfants ambassadeurs des droits de l'enfant dans le cadre des réflexions autour du futur Plan national pour l'enfance.
« La prospective ne consiste pas simplement à planifier l'avenir. Elle permet de libérer la créativité, d'explorer les possibilités et de favoriser des changements durables pour les générations à venir. » - Aïcha Robei
Deux ans plus tard, Ayoub Kaouane, membre de la cohorte 2025, s'est appuyé sur cette même approche pour inviter plus de 100 enfants et jeunes à réfléchir à l'avenir de l'éducation en Algérie.
Organisés notamment au Palais des Raïs à Alger et dans les camps d'été de Sidi Fredj, les ateliers ont permis aux participants d'imaginer une école davantage tournée vers les apprentissages pratiques, le mentorat, les compétences du futur et des espaces d'apprentissage plus ouverts et plus inclusifs.
« Écouter leurs rêves et leurs idées pour l'avenir de l'éducation a été une expérience profondément marquante. Mais l'histoire ne s'arrête pas là : nous travaillons pour que ces voix soient entendues aux niveaux local et mondial. » - Ayoub Kaouane
Leurs parcours se sont finalement rejoints lors de la Journée nationale de l'enfant, où Aïcha et Ayoub ont coanimé un atelier consacré à l'avenir de l'éducation. Cette transmission entre deux générations de Fellows illustre l'ambition du programme : transformer une expérience individuelle en une capacité durable, où chaque jeune devient à son tour un acteur du changement et un facilitateur pour les générations suivantes.
À travers cette démarche, le Bureau de l'UNICEF en Algérie et ses partenaires contribuent à faire émerger une nouvelle génération de jeunes capables non seulement d'imaginer l'avenir, mais aussi d'éclairer les décisions qui le façonneront.
Transformer les obstacles en opportunités
Être jeune réfugié, c'est souvent devoir reconstruire son avenir malgré les épreuves. Pour Rouda et Sheikh El Mami, ce parcours est devenu une source de force et d'engagement au service des autres.
Grâce à une bourse DAFI soutenue par le HCR, Rouda a pu poursuivre ses études universitaires jusqu'à l'obtention d'un Master en littérature arabe moderne et contemporaine. Aujourd'hui écrivaine et correctrice linguistique, elle poursuit de nouveaux apprentissages tout en préparant un doctorat. Pour elle, l'éducation ne s'arrête jamais : chaque étape ouvre la voie à de nouvelles possibilités de transmettre ses connaissances et d'inspirer d'autres jeunes.
« Chaque étape que nous franchissons n'est pas la fin du chemin. C'est le début d'une nouvelle étape pour apprendre et transmettre. »
À plusieurs centaines de kilomètres, dans les camps de réfugiés sahraouis près de Tindouf, Sheikh El Mami démontre que le sport peut devenir un formidable moteur d'inclusion. Après avoir perdu une jambe à la suite d'un cancer, cet ancien footballeur a refusé de renoncer à ses rêves. En 2013, il a créé le club sportif Al Wifaq, offrant à des centaines d'enfants et de jeunes un espace où développer leur confiance, leur esprit d'équipe et leur leadership. Joueur de basket-ball en fauteuil roulant, entraîneur et mentor, il prouve chaque jour que le handicap ne limite ni le talent ni la capacité à transformer une communauté.
« D'ici 2030, je souhaite que chaque jeune, y compris les personnes vivant avec un handicap, ait la possibilité de jouer, de rêver et de devenir un leader. »
À travers l'éducation, le sport et le développement des compétences, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en Algérie (HCR) accompagne les jeunes réfugiés afin qu'ils puissent révéler leur potentiel, renforcer leur autonomie et contribuer pleinement au développement de leurs communautés. Leurs parcours rappellent qu'investir dans la jeunesse, c'est aussi investir dans des sociétés plus inclusives, résilientes et porteuses d'espoir.
Faire de l'intégrité un moteur de changement
Le développement durable repose également sur des institutions fortes, transparentes et responsables.
C'est cette conviction qui guide le parcours du Dr Salim Ben Fiala.
« Investir dans les jeunes, c'est investir dans des institutions plus fortes, une société plus juste et un avenir plus durable. »
Médecin vétérinaire spécialisé dans la prévention et la sécurité alimentaire, il s'est progressivement engagé dans des initiatives nationales et régionales consacrées à la gouvernance, à la lutte contre la corruption et à l'autonomisation des jeunes.
Grâce au programme régional Youth4Impact de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), il a renforcé ses compétences dans les domaines de l'intégrité, de la gouvernance et du leadership.
Aujourd'hui, il met cette expérience au service de réseaux nationaux promouvant la transparence et la participation des jeunes.
Son parcours montre que la participation citoyenne constitue un levier essentiel pour accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable.
Des parcours différents, une vision commune
Qu'il s'agisse d'entrepreneuriat, d'innovation, d'éducation, de participation citoyenne, d'intégrité ou de protection, chacun de ces jeunes apporte une réponse concrète aux défis de son époque.
Tous démontrent que les solutions émergent souvent au plus près des communautés.
Ils rappellent également que les Objectifs de développement durable ne sont pas des engagements abstraits.
Ils prennent vie à travers des initiatives locales, des idées nouvelles et des personnes qui décident d'agir.
Investir dans la jeunesse, investir dans l'avenir
À travers un cadre de partenariat avec les autorités locales, les agences des Nations Unies en Algérie accompagnent les jeunes dans des domaines aussi variés que l'éducation, l'emploi, l'entrepreneuriat, l'innovation, la gouvernance, l'action humanitaire, l'égalité des genres, le climat et la participation citoyenne.
Leurs interventions poursuivent un objectif commun : permettre aux jeunes de développer leurs compétences, de faire entendre leur voix et de devenir des acteurs des transformations économiques, sociales et environnementales.
À cinq ans de l'échéance de l'Agenda 2030, leurs parcours rappellent une évidence : accélérer les Objectifs de développement durable passe avant tout par la confiance accordée à une génération qui agit déjà.
AGIR | Découvrez leurs histoires
Cette Feature Story présente un aperçu de parcours inspirants accompagnés par les Nations Unies en Algérie.
Retrouvez les histoires complètes de chaque jeune dans la rubrique AGIR, où ils racontent comment leurs idées et leur engagement contribuent à construire l'Algérie de demain.
Cet article a été initialement publié par l'équipe des Nations Unies en Algérie. Veuillez consulter leur site web pour plus d'informations sur le travail des Nations Unies en Algérie.