Associer le déploiement des énergies renouvelables à des solutions innovantes en faveur de l'économie circulaire
L'île Maurice démontre que l'action climatique peut être un moteur à la fois d'inclusion sociale et d'innovation économique. Grâce au projet du Fonds vert pour le climat (FVC), mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et intitulé Accélérer la transition vers une économie à faibles émissions de carbone à l’Île Maurice, le pays poursuit une ambitieuse transition énergétique conforme à son engagement de porter la part des énergies renouvelables à 60 % d'ici à 2035.
Au niveau communautaire, cette transition produit déjà des effets concrets sur les conditions de vie. Plus de 3 000 ménages à faible revenu répartis à Maurice, Rodrigues et Agaléga ont bénéficié de systèmes photovoltaïques solaires installés sur les toits, leur fournissant jusqu'à 100 kWh d'électricité gratuite par mois pendant vingt ans. Pour les familles les plus vulnérables, cela représente une économie annuelle d'environ 120 dollars américains, réduisant la pression financière et permettant de consacrer davantage de ressources à l'alimentation, à l'éducation ou encore à de petits investissements entrepreneuriaux.
Plus de 335 organisations non gouvernementales (ONG) ainsi que des organisations caritatives et religieuses bénéficient également d'installations solaires, ce qui contribue à réduire leurs coûts de fonctionnement et à renforcer les services qu'elles rendent aux communautés.
À l'échelle nationale, la transformation revêt un caractère systémique. Le réseau électrique a été modernisé grâce à l'installation d'un système de stockage d'énergie par batteries de 18 MW, d'un système de contrôle automatique de la production et d'un système avancé de gestion du réseau de distribution, permettant l'intégration en toute sécurité de plus de 200 MW d'énergie renouvelable intermittente. À ce jour, près de 13 000 tonnes d'émissions de dioxyde de carbone (CO₂) ont été évitées, tandis que les économies de carburant sont estimées à 1,75 million de dollars américains.
Toutefois, Maurice entend aller encore plus loin. Alors que l'adoption des véhicules électriques s'accélère afin de réduire les émissions des transports, qui représentent environ un quart des émissions nationales de gaz à effet de serre, la gestion des batteries lithium-ion en fin de vie est devenue un nouveau défi en matière de politiques publiques.
« Nous pouvons transformer les défis liés aux déchets de batteries en opportunités de croissance économique et de préservation de l'environnement », Dhananjay Ramfulm, Ministre des affaires étrangères, du commerce international et de l'intégration régionale.
Avec l'appui du Centre du commerce international (ITC), dans le cadre de son projet Climate Competitiveness, financé par l'Union européenne, l'île Maurice étudie une approche régionale pour le recyclage des batteries. Une récente étude sur les politiques commerciales propose plusieurs réformes réglementaires, notamment la mise en place de mécanismes de responsabilité élargie des producteurs ainsi que la révision des codes douaniers, afin d'améliorer les conditions d'investissement nécessaires à la création d'une installation régionale de recyclage dans l'océan Indien.
Les micro-petites et moyennes entreprises (MPME) mauriciennes ainsi que les organisations professionnelles ont également renforcé leurs capacités à utiliser les données environnementales et l'ITC Green Performance Toolkit (GPT) grâce à une combinaison d'activités virtuelles et de formations organisées dans le pays. Un représentant de DKD Co Ltd, à Maurice, témoigne :
« Cet outil nous permet d'optimiser la gestion de nos ressources, de réduire considérablement les déchets et de maximiser l'efficacité énergétique de l'ensemble de notre modèle économique. »
En associant le déploiement des énergies renouvelables à des solutions innovantes relevant de l'économie circulaire, Maurice veille à ce que les technologies propres d'aujourd'hui ne deviennent pas les défis environnementaux de demain.
Dans leur ensemble, ces initiatives illustrent un modèle global adapté aux petits États insulaires en développement (PEID), fondé sur la réduction de la pauvreté, le renforcement des institutions, l'innovation des réseaux électriques et le développement d'une industrie verte, transformant ainsi les ambitions climatiques en une transition inclusive et durable.
Cet article a été initialement publié par l'équipe des Nations Unies à Maurice. Veuillez consulter leur site web pour plus d'informations sur le travail des Nations Unies à Maurice.