Au Centre Delwendé de Sakoula, ONU Femmes et UNFPA redonnent espoir aux femmes victimes d’exclusion sociale
ONU Femmes et UNFPA ont remis des dons au Centre Delwendé afin de soutenir les femmes victimes d’exclusion sociale et d’améliorer leurs conditions de vie
Au cœur de Sakoula, en périphérie de Ouagadougou, se trouve un lieu chargé d’histoire, de résilience et d’humanité : le Centre Delwendé. Depuis plusieurs décennies, ce centre accueille des femmes rejetées par leurs communautés, accusées d’allégations de sorcellerie, souvent à la suite d’un décès, d’une maladie ou d’un événement tragique survenu dans leur entourage. Âgées pour la plupart, veuves, vulnérables et privées de tout soutien familial, ces femmes y trouvent refuge, protection et réconfort.
C’est dans cet esprit de solidarité et de dignité humaine que ONU Femmes et UNFPA ont apporté un appui concret aux pensionnaires du Centre Delwendé de Sakoula à travers un don de matériels et de produits essentiels destinés à améliorer leurs conditions de vie.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des actions menées autour de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, en collaboration avec le Ministère de la famille et de la Solidarité du Burkina Saso, le WANEP-BF ainsi que plusieurs organisations de la société civile.
Déjà mobilisé depuis mars 2026, UNFPA avait effectué une première remise de dons au profit du centre. Le mardi 5 mai 2026, ONU Femmes a à son tour procédé à une remise symbolique de matériels au nom du Groupe Thématique Genre, Inclusion et Droits Humains (GTGI-DH), en présence de représentants du ministère et d’acteurs de la société civile.
Les contributions des deux agences ont porté sur des besoins essentiels des pensionnaires du Centre Delwendé de Sakoula. ONU Femmes a offert 110 pagnes de 12 yards, 150 couvertures, 150 paires de chaussures, 150 draps et 150 foulards afin d’améliorer le confort et le bien-être des femmes du centre. De son côté, UNFPA avait déjà apporté 100 couches pour personnes âgées, 20 cartons de savon et 44 lots de pagnes pour répondre aux besoins liés à l’hygiène et à la protection. À travers ces contributions complémentaires, les deux agences co-leads du Groupe Thématique Genre, Inclusion et Droits Humains (GTGI-DH) réaffirment leur engagement en faveur de la dignité et de la protection des femmes vulnérables.
Au-delà du geste matériel, cette action porte un message fort : celui du refus de l’exclusion et de la stigmatisation des femmes. Les pensionnaires du centre, souvent qualifiées de « mangeuses d’âmes » dans certaines communautés, vivent les conséquences d’accusations profondément enracinées dans des croyances sociales et culturelles. Beaucoup ont été contraintes de fuir leurs villages pour sauver leur vie.
Aujourd’hui, le Centre Delwendé accueille près de 150 pensionnaires et fonctionne grâce au soutien des religieuses missionnaires de Notre-Dame d’Afrique ainsi qu’à l’appui de partenaires et de personnes de bonne volonté. Malgré des ressources limitées, les pensionnaires s’efforcent de reconstruire leur quotidien à travers des activités génératrices de revenus et des initiatives communautaires favorisant leur autonomie.
Mais les besoins restent immenses. Les difficultés d’accès à l’alimentation, aux soins de santé et aux équipements de base demeurent une réalité quotidienne pour ces femmes déjà marquées par l’abandon et la souffrance.
Pour Mme Djenaba Birane Wane Ndiaye, point focal de ONU Femmes et co-lead du Groupe Thématique Genre, Inclusion et Droits Humains, cette initiative traduit un engagement collectif en faveur de la dignité humaine : « Soutenir les femmes du Centre Delwendé, c’est affirmer que chaque femme mérite de vivre dans la dignité, le respect et la sécurité, indépendamment de son âge, de son histoire ou des croyances qui l’entourent. »
De son côté, Mme Fatoumata Ki, point focal de UNFPA et co-lead du GTGI-DH, a rappelé l’importance de la solidarité envers les femmes les plus marginalisées : « Derrière chaque pensionnaire du Centre Delwendé se trouve une histoire de résilience et de courage. Notre responsabilité collective est de renforcer leur protection, restaurer leur espoir et contribuer à leur bien-être. »
Par cette contribution, ONU Femmes et UNFPA réaffirment leur engagement en faveur des droits des femmes, de la protection des personnes vulnérables et de la lutte contre toutes les formes de violences basées sur le genre et d’exclusion sociale.
Pour les bénéficiaires, ce geste représente bien plus qu’une assistance matérielle. Il constitue une marque de reconnaissance, d’écoute et d’espoir. Un rappel qu’elles ne sont pas oubliées.
Dans un contexte où les accusations de sorcellerie continuent encore d’affecter des femmes dans plusieurs régions du Burkina Faso, les actions de solidarité envers le Centre Delwendé rappellent l’urgence de renforcer les mécanismes de protection sociale, de sensibilisation communautaire et de réinsertion familiale afin de restaurer durablement la dignité de ces femmes.
Cet article a été initialement publié par l'équipe des Nations Unies au Burkina Faso. Veuillez consulter leur site web pour plus d'informations sur le travail des Nations Unies au Burkina Faso.